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« Nous sommes plus que vainqueurs » : ce que dit vraiment Romains 8:37


5 min de lecture

Bob old school KHAWNAN blanc, parole « Victorieux ».

« Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. » Romains 8:37 est un verset d’encouragement, souvent cité seul. Lu dans son chapitre, il dit quelque chose de plus précis — et de plus utile.

« Dans toutes ces choses » : lesquelles ?

Le verset commence par un renvoi. Deux versets plus haut, Paul énumère ce qu’il a en tête : « la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ». Ce n’est pas une liste abstraite. Paul écrit à des chrétiens de Rome qui risquent réellement ces choses.

Le verset ne promet donc pas d’éviter la difficulté. Il dit ce qui se passe
à l’intérieur de la difficulté. La nuance change tout : on ne parle pas d’une vie protégée, on parle d’une vie traversée sans être défaite.

Ce que veut dire « plus que vainqueurs »

Le grec emploie ici un seul mot, hypernikōmen — construit sur nikaō, vaincre, précédé de hyper, au-delà. Littéralement : nous vainquons au-delà, nous sur-vainquons.

Un vainqueur ordinaire sort de l’épreuve diminué : il a gagné, mais il a payé. Le mot de Paul dit autre chose. Non seulement l’épreuve n’a pas eu le dernier mot, mais elle a produit quelque chose. C’est la même logique que quelques versets plus haut : « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ».

« Par celui qui nous a aimés »

C’est la partie qu’on oublie le plus souvent en citant le verset, et c’est celle qui porte le poids. La victoire n’est pas attribuée à la force du croyant, à sa foi, ni à sa persévérance. Elle est attribuée à un autre.

Le temps du verbe compte aussi : celui qui nous a aimés, au passé. Paul ne fonde pas l’assurance sur un amour à mériter, mais sur un amour déjà donné, dont la preuve est derrière nous et non devant.

Ce que le verset ne dit pas

Trois lectures courantes lui font dire autre chose que ce qu’il dit.

Ce n’est pas une promesse de réussite. Le verset ne garantit ni la santé, ni l’argent, ni le succès d’un projet. Il est écrit à des gens dont Paul vient de dire qu’ils risquent la faim et l’épée. Le lire comme une assurance contre l’échec, c’est lui faire dire l’inverse de son contexte.

Ce n’est pas une injonction à faire bonne figure. Rien dans le passage ne demande de nier ce qu’on traverse. Paul nomme la tribulation, l’angoisse, le péril. Il ne les minimise pas : il dit qu’elles n’ont pas le dernier mot. Ce n’est pas la même chose que prétendre qu’elles n’existent pas.

Ce n’est pas une performance à fournir. La formule « plus que vainqueur » a l’allure d’un objectif à atteindre. Elle est en réalité un constat, au présent, et son sujet grammatical n’est pas le croyant seul : c’est le croyant par celui qui l’a aimé.

La suite, que l’on cite rarement

Les deux versets suivants concluent le raisonnement : « ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir […] ne pourront nous séparer de l’amour de Dieu ».

Autrement dit, la victoire dont parle le verset 37 n’est pas de réussir. C’est de ne pas être séparé. Ce n’est pas la même promesse, et c’est une promesse plus solide : elle ne dépend pas de l’issue des circonstances.

Si vous ne croyez pas

Ce verset se lit aussi sans partager la foi de celui qui l’a écrit, et il garde alors quelque chose d’utile.

Il décrit une expérience que beaucoup connaissent : traverser une période dure et découvrir, après coup, qu’on n’en est pas sorti seulement diminué. Paul en attribue la cause à quelqu’un ; libre à vous de ne pas le suivre jusque-là. Mais l’observation, elle, tient : la mesure d’une épreuve n’est pas seulement ce qu’elle coûte.

C’est d’ailleurs pour cette raison que nous choisissons des phrases plutôt que des symboles. Une croix ne dit rien à qui ne la lit pas. Une phrase, si.

Pourquoi ce verset revient si souvent

Parce qu’il tient debout dans les deux situations. Quand tout va bien, il rappelle à qui revient le mérite. Quand tout s’effondre, il ne demande pas de nier ce qui se passe : il affirme qu’au milieu de cela, quelque chose ne bouge pas.

C’est aussi pour cette raison qu’il figure sur plusieurs de nos pièces, et sur le bandeau de notre page d’accueil. Un verset qu’on porte doit pouvoir être porté un mauvais jour.

Deux phrases pour un seul verset

Le verset a donné deux formulations à nos pièces, et ce n’est pas un hasard de rédaction. « Victorieux » tient en un mot : il se porte sur un bonnet, un bob, un sac, là où il n’y a de place que pour peu de choses. « Plus que vainqueur » garde la formule de Paul, avec son excès assumé — c’est celle des carnets et des pièces qui ont de la surface.

La première se remarque, la seconde se lit. À vous de savoir laquelle vous voulez porter un mauvais jour.

Voir les huit pièces « Victorieux », ou les trois qui portent « Plus que vainqueur »

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